Devenir entraîneur : connaître l’entraînement ne suffit pas

Comment devenir entraîneur

Devenir entraîneur : connaître l’entraînement ne suffit pas

Comment devenir entraîneur

Il n’a probablement jamais été aussi facile d’acquérir des connaissances sur l’entraînement. En quelques minutes, il est possible de trouver des explications sur le développement de la force, l’hypertrophie, la biomécanique, la programmation d’entraînement ou encore la préparation physique des athlètes. Les formations, les livres, les études scientifiques, les conférences et les contenus spécialisés sont également beaucoup plus accessibles qu’ils ne l’étaient auparavant.

Cette accessibilité représente une excellente chose pour le développement du métier. Elle crée cependant parfois une confusion importante : posséder beaucoup de connaissances sur l’entraînement ne signifie pas nécessairement savoir entraîner.

Lorsqu’une personne souhaite devenir entraîneur, elle peut naturellement penser que sa priorité consiste à accumuler le plus de connaissances possible sur les exercices, les méthodes d’entraînement et la programmation. Ces connaissances sont indispensables, mais elles ne représentent qu’une partie du développement professionnel. Il existe une différence considérable entre comprendre les principes théoriques de l’entraînement et être capable de les appliquer correctement à une personne réelle.

C’est d’ailleurs souvent lorsqu’un nouvel entraîneur commence à travailler avec différents clients ou athlètes qu’il réalise toute la complexité du métier. Un programme peut sembler parfaitement construit sur papier et devenir beaucoup moins pertinent lorsqu’il est confronté à la réalité de la personne qui doit l’exécuter.

C’est parce qu’un entraîneur ne travaille pas simplement avec des exercices, des séries, des répétitions et des pourcentages. Il travaille avant tout avec des êtres humains.

 

Devenir entraîneur demande d’abord de solides connaissances


Une bonne formation d’entraîneur doit évidemment permettre de développer des bases solides. Comprendre l’anatomie fonctionnelle, la biomécanique, les principes de programmation, les adaptations physiologiques, la gestion du volume et de l’intensité, la récupération ou encore les différentes qualités musculaires permet de prendre des décisions beaucoup plus éclairées.

La théorie permet notamment de comprendre pourquoi une méthode d’entraînement peut fonctionner, quelles adaptations elle cherche à provoquer et dans quelles circonstances elle pourrait être pertinente. Le problème apparaît lorsque cette connaissance est appliquée automatiquement, sans tenir suffisamment compte de la personne qui se trouve devant nous.

Imaginons qu’un entraîneur connaisse parfaitement un protocole destiné à développer la force. Lorsqu’un client ou un athlète arrive devant lui, connaître ce protocole ne répond pourtant qu’à une partie du problème. Il doit encore déterminer si cette méthode est appropriée pour cette personne, si les exercices sélectionnés correspondent à ses capacités, si le volume est réaliste, si la récupération sera suffisante et si l’exécution permettra réellement d’obtenir l’adaptation recherchée.

La connaissance nous indique donc ce qu’il serait possible de faire. La compétence professionnelle consiste plutôt à déterminer ce qu’il est pertinent de faire avec cette personne, à ce moment précis et pour atteindre cet objectif particulier.

Cette distinction devient encore plus importante lorsqu’on souhaite devenir préparateur physique et travailler avec des athlètes. La performance sportive impose des contraintes supplémentaires : les exigences du sport, le niveau de l’athlète, son calendrier de compétition, ses qualités physiques actuelles et les adaptations prioritaires doivent toutes influencer la programmation.

 

L’évaluation permet de passer d’un programme général à un entraînement individualisé


L’une des compétences fondamentales d’un entraîneur ou d’un préparateur physique est sa capacité à comprendre la personne avant de construire son programme. Deux individus peuvent poursuivre exactement le même objectif sans avoir besoin du même chemin pour y arriver.

Prenons l’exemple de deux personnes qui souhaitent améliorer leur force au squat. La première possède plusieurs années d’expérience, une bonne maîtrise technique et des capacités physiques compatibles avec le mouvement sélectionné. La deuxième commence l’entraînement, possède une expérience limitée et présente certaines caractéristiques ou restrictions qui influencent sa façon d’effectuer le mouvement.

Le résultat recherché peut être similaire, mais la programmation ne devrait pas automatiquement l’être.

C’est ici que l’évaluation prend toute son importance. Une bonne évaluation ne consiste pas simplement à accumuler une série de tests. Elle doit fournir de l’information qui aidera l’entraîneur à prendre de meilleures décisions.

L’historique d’entraînement, les objectifs, les capacités actuelles, les limitations, la qualité d’exécution de certains mouvements et, lorsque le contexte le justifie, certains éléments d’évaluation biomécanique  peuvent contribuer à construire une image plus précise de la personne.

L’objectif n’est pas de rechercher une hypothétique perfection biomécanique ni de transformer chaque différence individuelle en problème. Il s’agit plutôt de comprendre suffisamment bien la personne pour sélectionner les méthodes qui correspondent réellement à ses besoins.

Le programme devient alors la conséquence de l’évaluation plutôt que le point de départ de l’intervention.

 

Un bon entraîneur apprend à observer, pas seulement à prescrire


Cette distinction devient encore plus importante lorsqu’on passe de la programmation au terrain. Écrire « squat : 4 séries de 6 répétitions » est relativement simple. Observer ce qui se produit pendant ces répétitions demande beaucoup plus de compétences.

Un entraîneur doit être capable d’observer la trajectoire d’un mouvement, le contrôle, la stabilité, le rythme d’exécution et la façon dont le mouvement évolue avec la fatigue. Il peut également remarquer certaines différences entre les côtés ou certains changements dans la stratégie utilisée par la personne.

Mais observer ne signifie pas simplement chercher des défauts.

L’étape importante consiste à déterminer si ce que l’on observe est réellement pertinent pour l’objectif recherché. Certaines variations peuvent être parfaitement acceptables. D’autres peuvent limiter la performance recherchée ou justifier une modification de l’exercice, de la charge, de l’amplitude ou de la stratégie utilisée.

C’est ici que comprendre la biomécanique devient particulièrement pertinent. Les connaissances scientifiques et biomécaniques fournissent un cadre permettant de réfléchir à ce que l’on observe, tandis que l’expérience aide progressivement à distinguer ce qui mérite réellement une intervention de ce qui n’en nécessite pas.

Un entraîneur compétent ne cherche donc pas nécessairement à corriger tout ce qu’il voit. Il cherche surtout à comprendre ce qui est important pour la personne et pour l’objectif poursuivi.

 

La programmation d’entraînement doit rester adaptable


Une autre différence importante entre connaître l’entraînement et savoir entraîner concerne la façon dont on perçoit un programme.

Un programme d’entraînement ne devrait pas être considéré comme une vérité à appliquer aveuglément pendant huit ou douze semaines. Il représente plutôt une hypothèse de travail. L’entraîneur sélectionne des exercices, détermine un volume, une intensité, une fréquence et une progression parce qu’il estime que cette combinaison permettra de provoquer certaines adaptations.

C’est notamment pourquoi la planification d’un programme d’entraînement doit être précise, tout en laissant suffisamment de place à l’adaptation lorsque la réponse de la personne ne correspond pas à ce qui avait été anticipé.

Il faut ensuite vérifier si cette hypothèse fonctionne.

Si le client progresse, récupère adéquatement et développe les qualités recherchées, il existe de bonnes raisons de poursuivre dans cette direction. Si les résultats ne correspondent pas aux attentes, l’entraîneur doit être capable de remettre certaines décisions en question.

Le volume est-il approprié? La fréquence est-elle suffisante? La progression est-elle trop rapide? L’exercice sélectionné correspond-il réellement à l’objectif? La technique limite-t-elle la progression? La récupération est-elle adéquate? Existe-t-il des contraintes extérieures qui n’avaient pas été suffisamment considérées?

Parfois, la réponse sera simplement que la programmation initiale n’était pas la bonne.

Cette capacité à reconnaître qu’une décision doit être modifiée constitue une compétence professionnelle importante. Le rôle d’un entraîneur n’est pas de prouver que son programme était excellent. Son rôle est d’utiliser l’information disponible pour continuellement améliorer son intervention.

 

Savoir entraîner signifie également savoir communiquer


La qualité d’un entraîneur ne repose pas uniquement sur ses connaissances scientifiques ou sa capacité à programmer. Il doit également être capable de transmettre efficacement ses connaissances à des personnes qui n’ont pas nécessairement son niveau d’expertise.

Une explication plus complexe n’est pas automatiquement une meilleure explication. Sur le terrain, une consigne simple et précise peut parfois produire immédiatement l’effet recherché alors qu’une longue explication technique peut créer davantage de confusion.

Savoir entraîner signifie donc aussi savoir vulgariser, écouter et adapter sa communication à la personne devant soi.

Cette communication permet également de recueillir de l’information essentielle. Un client peut avoir de la difficulté à récupérer, ne pas comprendre certaines consignes, manquer régulièrement certaines séances ou être incapable d’appliquer le programme dans son horaire réel. Ces informations peuvent complètement modifier la pertinence d’une programmation qui semblait pourtant excellente sur papier.

Le meilleur programme théorique devient peu utile s’il ne peut pas être appliqué de façon suffisamment constante dans la réalité du client.

C’est pourquoi le métier d’entraîneur possède une importante dimension humaine. Comprendre la science de l’entraînement est indispensable, mais comprendre la personne à qui cette science doit être appliquée l’est tout autant.

 

Devenir préparateur physique, c’est apprendre à prendre de meilleures décisions


Au fil des années, un entraîneur développe évidemment davantage de connaissances. Mais ce qui devrait surtout évoluer est la qualité de son processus décisionnel.

Avec l’expérience et la formation, il devient progressivement capable de mieux évaluer une situation, de sélectionner les informations pertinentes, de choisir une intervention et d’en mesurer l’efficacité. Lorsqu’un problème apparaît, il possède également davantage d’outils pour modifier son approche plutôt que d’appliquer systématiquement la même solution.

Cette capacité est particulièrement importante en préparation physique des athlètes. L’objectif n’est pas simplement de construire un programme difficile ou de sélectionner des exercices impressionnants. Il faut comprendre les exigences du sport, les qualités physiques de l’athlète, son niveau actuel, son calendrier, sa récupération et les adaptations prioritaires à différents moments de sa préparation.

Plus le niveau de l’athlète augmente, plus la capacité à individualiser et à prendre des décisions adaptées à son contexte devient importante.

Si votre objectif est de travailler dans ce domaine, les compétences et qualités requises pour devenir préparateur physique vont donc bien au-delà de la simple connaissance des exercices.

Pour ceux qui souhaitent éventuellement travailler auprès d’athlètes de très haut niveau, nous avons également préparé un guide plus approfondi sur comment devenir préparateur physique pour des athlètes de niveau olympique.

 

La formation d’un entraîneur ne se termine jamais réellement


L’une des particularités du domaine de l’entraînement est qu’il est pratiquement impossible d’en connaître toutes les dimensions. La biomécanique, la physiologie, la programmation, la nutrition, la psychologie, la communication et la préparation physique constituent déjà des domaines extrêmement vastes.

L’expérience amène également une forme d’humilité professionnelle. Plus on travaille avec différentes personnes, plus on constate que les réponses simples fonctionnent rarement dans toutes les situations.

La science fournit des principes et permet d’améliorer nos décisions. L’expérience nous confronte ensuite à la variabilité humaine. C’est dans l’interaction entre les deux que se développe progressivement l’expertise.

C’est pourquoi la formation continue des entraîneurs conserve son importance même après plusieurs années d’expérience.

Pour devenir entraîneur ou devenir préparateur physique, acquérir des connaissances demeure donc essentiel. Mais savoir entraîner demande davantage. Il faut être capable d’évaluer, d’observer, de communiquer, de programmer, de mesurer les résultats et surtout d’adapter continuellement son intervention à la personne devant soi.

Les connaissances donnent à l’entraîneur ses outils. La formation, l’expérience terrain et le développement professionnel lui apprennent progressivement quand, comment et pourquoi les utiliser.

C’est probablement là que se trouve l’une des plus grandes différences entre quelqu’un qui connaît bien l’entraînement et un professionnel capable d’entraîner.

 

Développer ses compétences comme entraîneur ou préparateur physique


À l’Institut FPP, notre approche de la formation des entraîneurs et des préparateurs physiques accorde justement une place importante à cette transition entre les connaissances théoriques et leur application concrète. La programmation d’entraînement, la biomécanique, l’évaluation, l’observation et l’individualisation font partie des compétences qui permettent progressivement de développer son jugement professionnel.

Si vous envisagez de devenir entraîneur ou préparateur physique, ou si vous souhaitez approfondir vos compétences actuelles, vous pouvez découvrir notre formation Niveau 1 – Les fondations de l’entraîneur / préparateur physique ou prendre rendez-vous avec nous pour discuter de votre parcours et de vos objectifs professionnels.

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