En préparation physique, il y a souvent 2 approches qui se chevauchent et qui peuvent se résumer à 2 phrases qui sont plus souvent citées en anglais:
La première approche ou phrase est : “What go you here, wont get you there.” Cette phrase: “Ce qui t’a amené ici ne t’amènera pas là-bas” signifie qu’autant le travail de l’athlète que celui de l’entraîneur qui a mené à un certain niveau ne mènera pas l’athlète ou l’entraîneur au prochain niveau. Cette approche a été discutée dans cet article parlant du fait de devenir préparateur physique auprès d’athlètes qui sont au niveau international.
La deuxième approche ou phrase est: “What I know at the top, I learned at the bottom.” ou “Ce que je connais au sommet, je l’ai appris à mes débuts”. Cette phrase signifie que les bases sont apprises rapidement et que par la suite, on ne fait que les améliorer pour devenir plus performant. Cette approche fait penser à l’arbrisseau qui pousse droit avec un tuteur pour devenir un grand arbre bien droit.
Débuter sa carrière de préparateur physique en aidant de jeunes athlètes en développement
La réalité est que ces deux approches ont du vrai et dans cet article, on va se pencher davantage sur la deuxième concernant le fait de débuter sa carrière de préparateur physique en aidant de jeunes athlètes en développement.
Certaines personnes pensent que c’est “glamour” d’entraîner des athlètes de haut niveau mais la réalité est que:
- Si ça prend 10 ans ou 10 000 heures pour former un athlète d’élite, le préparateur physique qui débute sa carrière doit être patient.
- Les jeunes athlètes vont être beaucoup plus malléables et enseignables de par leur jeune âge et leur neuroplasticité.
- L’impact physique et humain du préparateur physique est beaucoup plus grand auprès des jeunes que des athlètes de haut niveau.
- Ils vont bâtir une relation de confiance avec vous qui va mener à une forte loyauté.
Une anecdote concernant la loyauté des “jeunes” athlètes envers leur préparateur physique
Une anecdote concernant la loyauté qui se cultive avec les jeunes athlètes est celle d’un joueur de hockey (on va garder le secret professionnel en évitant le “name droping”) qui avait commencé à s’entraîner avec son préparateur physique à l’âge de 11 ans.
Rendu à 17 ans, ce jeune a été repêché par une équipe de la LNH. Au premier été où ce jeune s’est rapporté à son équipe, il s’est entraîné avec le préparateur physique de l’équipe qui a beaucoup aimé travailler avec lui.
Ce jeune a ensuite été invité à passer l’été avec le préparateur physique de l’équipe en question. Est-ce que le jeune a dit oui en étant très heureux? Non, le jeune était hésitant et le préparateur physique de l’équipe savait pourquoi. Le jeune voulait éviter de décevoir son préparateur physique.
Quand il a annoncé à son préparateur physique la situation, son préparateur physique était très heureux pour lui et alors, le jeune a été heureux de voir que son préparateur physique le prenait bien!
Les compétences pour devenir préparateur physique
Qu’est-ce qui, de par les compétences du préparateur physique, permet à l’athlète d’améliorer sa performance dans sa discipline sportive?
L’équilibre structurel
Commençons à la base soit l’équilibre structurel qui est souvent dépeint par la phrase clichée et même (malheureusement) galvaudée: “On ne peut pas tirer du canon à partir d’un canot.”
En ayant un bon équilibre structurel, le corps est plus apte à développer tout son potentiel en termes de performance en minimisant les pertes d’énergie par déformation segmentaire tout en réduisant les risques de blessures.
Savoir comment évaluer et entraîner le corps pour atteindre cet équilibre structurel est donc une compétence cruciale pour devenir un préparateur physique qui va bien supporter le développement du potentiel des athlètes qu’il encadre.
La coordination intermusculaire (ou physical literacy)
Le jeune athlète doit développer son patrimoine moteur pour être le plus riche et efficient dans sa manière de bouger. Ainsi, le jeune doit savoir: accélérer, décélérer, sauter, lancer, attraper et faire une multitude d’autres mouvements efficacement pour que le travail de développement des filières énergétiques (qui se fera plus tard) ne serve pas à compenser un manque d’efficience motrice.
Le préparateur physique doit donc bien comprendre l’ABC du mouvement pour bien le transmettre et éviter au maximum que le jeune athlète développe de mauvais patrons moteurs qui vont augmenter le coût métabolique du mouvement et augmenter les risques de blessures dû à une mauvaise biomécanique.
La coordination intramusculaire
La coordination intramusculaire est toujours intéressante à maîtriser et à développer chez les jeunes athlètes pour augmenter leur capacité à générer de l’intensité (force, vitesse, puissance).
Au niveau physiologique, le préparateur physique doit aider l’athlète à:
- Synchroniser les potentiels d’actions (courants électriques partant du cerveau et voyageant dans la moelle épinière) pour recruter simultanément les unités motrices
- Recruter davantage de grosses unités motrices selon la loi de Henneman
- Minimiser les mécanismes inhibiteur des organes tendineux de Golgi
Évidemment, la compétence du préparateur physique est aussi de faire ce travail quand le travail d’équilibre structurel et de coordination inter-musculaire ont atteint un niveau de développement acceptable.
En termes de coordination intramusculaire, plusieurs préparateur physiques qui sont dans le domaine depuis longtemps ont été influencés ou motivés par l’entraîneur et préparateur physique Jean-Pierre Egger qui entraînait le lanceur de poids Werner Gunthor qui avait battu le record du monde.
Cette vidéo date d’un certain temps mais elle reste un classique auprès des préparateurs physiques.
Le développement des filières énergétiques
Le développement des filières énergétiques est souvent traité comme l’amélioration de l’utilisation des trois systèmes de production d’adénosine triphosphate (ATP) qui est le substrat énergétique soit:
- Le système anaérobie alactique
- Le système anaérobie lactique
- Le système aérobie
Par rapport aux filières énergétiques, il faut savoir que chaque sport a des exigences différentes et chaque athlète possède un profil intensité-durée qui est différent. Entraîner les filières énergétiques va permettre d’améliorer la performance physique mais aussi la tactique (prise de décision) individuelle ou collective en retardant quelque peu la fatigue métabolique.
Il y a beaucoup de choses à dire et il y a aussi beaucoup de désinformation concernant le sujet de l’entraînement des filières énergétiques. L’interaction naturelle des différents systèmes est dépeinte dans ce schéma que tu vas recevoir par courriel en remplissant ce formulaire.
L’alimentation et la supplémentation
L’alimentation et la supplémentation sont des outils d’une grande importance pour récupérer de la charge d’entraînement et de la charge allostatique environnante de l’athlète. Certains préparateurs physiques vont vouloir laisser ce travail au nutritionniste dans un contexte d’équipe de soutien intégré.
C’est une avenue et nous croyons que tout préparateur physique devrait connaître les bases et même les appliquer au début de sa carrière pour:
- Donner des outils à ses athlètes dès le départ quand ils n’ont pas encore accès à d’autres professionnels.
- Développer ses compétences et constater la différence.
Sans poursuivre davantage sur le comment, il reste important de s’assurer que l’alimentation et la supplémentation vont aider concernant la charge allostatique qui est le stress chronique dont l’athlète fait face (qui inclut sa charge d’entraînement mais pas que ça).
Si tu veux, on a une illustration qui montre la charge allostatique (agents stresseurs), les nutriments et l’interaction des deux au niveau métabolique. Tu peux la voir en remplissant le formulaire plus haut.
La gestion de la charge d’entraînement (périodisation)
La charge d’entraînement se dépeint en 4 principaux paramètres soit:
Le volume
L’intensité
La densité
La fréquence
On peut ensuite prendre ses éléments et les décortiquer en sous-éléments encore plus complexes. Le but ici est de respecter la fameuse phrase “Stimulate, don’t annihilate.”
Plus le préparateur physique va avancer dans sa carrière, plus les paramètres de la charge d’entraînement vont augmenter avec la capacité de travail des athlètes entraînés.
À un certain niveau, les compétences en planification d’entraînement (périodisation) vont prendre de plus en plus d’importance pour s’assurer que l’athlète récupère bien autant de la charge d’entraînement imposée que la charge allostatique environnante.
L’idée est de faciliter la surcompensation comme l’illustre le schéma qu’on te propose et que tu vas pouvoir recevoir en remplissant le formulaire plus haut.
Compétences à maîtriser par le préparateur physique
Les différentes composantes présentées ci-dessus sont des éléments et des compétences qui doivent être bien maîtrisées par le préparateur physique. Dans nos formations, nous creusons davantage dans ces sujets.